09/01/2016

Au Gothard, un tunnel abandonné aux champignons!

 Cliquer sur l'illustration pour l'agrandir.

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Le nouveau tunnel de base, de 57 km de longueur, ne dépasse pas 550 m d’altitude, et sera parcouru en un quart d’heure. La ligne historique culmine à 1'150 m, les trains la parcourent en une heure et quart. Le tunnel de faîte ne satisfait plus, en aucune façon, aux normes de sécurité actuelles. Les CFF ont déclaré que plus aucun train de marchandises n’emprunterait ce trajet, et que la ligne ne serait plus préventivement entretenue, mais seulement réparée au cas par cas. La prolongation jusqu’à Flüelen de la ligne à voie étroite d’Andermatt à Göschenen permettrait une liaison directe de Flüelen à Poschiavo ou à Zermatt, et les rampes sud et nord de la ligne sont disponibles pour des trains à vapeur.

 

Le tunnel autoroutier doit être assaini d’ici 2035. Pour ce faire, il doit être mis hors service pendant 980 jours. Pour permettre cet assainissement tout en assurant la continuité du trafic, trois solutions se présentent:

 

 

 

 

 

  1. Celle du Conseil fédéral: construire pour 2 milliards un second tube autoroutier, compter 200 millions de mesures transitoires, (certains travaux urgents ne peuvent attendre), puis assainir le tube autoroutier actuel, pour 600 millions. Au total 2,8 milliards. Le tunnel ferroviaire historique est abandonné, inutile, dangereux.
  2. Celle des référendaires: faire passer les camions sur des navettes ferroviaires entre Biasca et Erstfeld par le tunnel de base, et les voitures sur des navettes ferroviaires entre Göschenen et Airolo par le tunnel historique. Pendant 4 étés, les travaux d’assainissement sont suspendus pour laisser passer le trafic estival. Coût global: 1,4 milliard. Le tunnel ferroviaire historique est abandonné, inutile, dangereux.
  3. La mienne: mettre hors service le tunnel ferroviaire historique, agrandir sa section, lui adjoindre une galerie de sécurité, l’équiper d’une ventilation moderne, l’équiper en tunnel routier: le tout pour 800 millions. Puis assainir le tunnel routier actuel: 600 millions. Au total 1,4 milliard, pour obtenir deux tubes autoroutiers complets.

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 A Airolo, les plateformes de l’autoroute et du chemin de fer sont éloignées de 200 mètres l’une de l’autre. Il suffit d’un aménagement modeste pour dévier le parcours des véhicules de l’actuel tunnel routier vers le tunnel ferroviaire transformé.

 

 

 

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A Göschenen, les deux tunnels se croisent en dénivelé à quelques centaines de mètres de leurs portails, ce qui rend la déviation de l’un sur l’autre très simple.

 

 

 

 

 

 

 Ce travail n’a rien de commun avec le percement d’un tube nouveau. Dès l’instant où le tunnel de base entrera en service, le tunnel de faîte sera accessible sur toute sa longueur aux machines nécessaires à sa transformation. Les excavations sont modestes (660'000 m3, contre 2'200'000 mpour un nouveau tube), les atteintes à l’environnement aussi, l’entreprise ne pose pas de problème technique, n’est pas susceptible de rencontrer des aléas géologiques, les coûts sont prévisibles, les délais de réalisation courts (2 à 3 ans), puisque la réalisation ne dépend pas du rythme d’avancement de deux seuls fronts d’attaque (8,5 à 15 ans selon l’OFROU), donc sans coûteuses mesures transitoires (200 millions).

L’autoroute à travers le Gothard est maintenue en service sans discontinuer.

Les citoyens sont appelés à se prononcer sur une loi qui autorise la construction du second tube routier prévu par le Conseil fédéral, tout en interdisant d’exploiter simultanément plus de 2 voies. L’adoption de cette loi laisserait au Conseil fédéral les mains libres, et réduirait à néant les chances aussi bien de la solution imaginée par les référendaires que de la mienne.

La solution du Conseil fédéral nécessite beaucoup plus de temps que les autres. Si elle est refusée, il restera assez de temps pour trouver une solution intelligente. Elle coûterait 2,8 milliards. La mienne rend les mêmes services, mais pour 1,4 milliard seulement. La solution du Conseil fédéral peut et doit être rejetée.

 Un dossier complet peut être trouvé à cette adresse:

https://sites.google.com/site/gothardscheiteltunnel/memoire

Cet article a d'abord été publié par Domaine public, le 8 décembre 2015

Commentaires

Cher Monsieur,

Ce projet semble excellent. J'ai lu le dossier complet par le lien que vous donnez, et en particulier le contre-argumentaire de l'OFROU. Je n'arrive pas bien à comprendre l'obstruction qui est manifestée. On parle des lobbies des pharmas et des assurances, existerait-il un lobby des tunneliers?

Bien à vous

Écrit par : olivier marmy | 10/01/2016

Cher Monsieur,

Vous me posez une question que je me suis bien souvent posée.

Il y a eu je pense l'idée de nature politique qu'il faut "rassembler" autour d'un projet pour qu'il réussisse. Pour "rassembler", il ne fallait qu'un projet. Et pour rassembler autour de ce projet, le mieux était qu'il n'y en ait pas d'autre allant dans le même sens.

Il y a aussi le sentiment du caractère "tabou" de la ligne historique. Mon projet n'aurait pas rallié les citoyens qui attribuent à cet ouvrage un caractère presque sacré, puisqu'il envisage la disparition de la ligne. Dans ce groupe de citoyens, on voyait probablement beaucoup de personnes viscéralement attachées au chemin de fer, celles que Madame Jaggi avait joliment rangé dans le cercle des victimes du syndrome Märklin, et aussi, sans doute bien des cheminots.

Et puis l'administration. C'est en décembre 2010 qu'elle a publié le "Rapport de base du Conseil fédéral concernant la réfection du tunnel routier du Saint-Gothard". Elle n'y fait aucune mention de la simultanéité du problème de l'assainsissement et de la mise en service du tunnel de base. Je ne peux m'empêcher de penser qu'elle a considéré mon projet comme une critique la mettant en cause. C'est nettement auprès d'elle, en tous cas, que j'ai rencontré le plus obstiné refus d'entrer en matière. Et il a fallu la ténacité d'un journaliste pour que j'obtienne, non pas d'elle, mais par l'intermédiaire du journaliste, les contre-arguments que vous évoquez. L'administration ne m'a jamais fait part d'une seule remarque, d'une seule critique, n'a pas répondu à mes interrogations.

Merci de votre intérêt et de votre compliment.

Écrit par : weibel | 11/01/2016

Depuis Wegener - météorologue - et sa théorie sur la dérive des continents traité par le plus grand mépris par l'officialité scientifique (lord Kelvin opposait à sa théorie le manque de moteur pour bouger les plaques alors que Becquerel avait découvert la radio-activité en 1905...), on sait qu'il ne suffit pas d'avoir raison. Encore faut-il imposer cette raison, et dans la confusion idéologique qui règne aujourd'hui en Europe, c'est presque mission impossible.
Il faut solliciter un rendez-vous avec Mme Leuthardt, sachant qu'il vaut mieux traiter avec le bon dieu qu'avec ses saints...

Écrit par : Géo | 11/01/2016

Géo, Vous avez peut-être raison. Je lui ai écrit deux fois, la première en octobre 2010. Elle m'a répondu fort aimablement.

Elle m'a renvoyé à une réponse donnée par le Conseil fédéral à la motion Ratti de 1999, qui demandait "quelle serait l'utilisation à moyen et à long terme de la ligne". Il est piquant de relever dans cette réponse du Conseil fédéral cet extrait: " Ce sera seulement plus tard, soit avant la mise en service du tunnel de base, que l'on pourra déterminer le rôle précis qu'elle sera aappelée à jouer. En effet, les concepts d'offre et d'exploitation devront tenir compte des besoins effectifs, qui ne peuvent pas, aujourd'hui, être annoncés avec la précision nécessaire pour la période 2010-2015. La future utilisation de la ligne de montagne devra être décidée par le gestionnaire de l'infrastructure, donc vraisemblablement CFF SA, ... Les cantons concernés joueront un rôle important, notamment lorsqu'il s'agira de commander et d'indemniser l'offre en cas de couverture insuffisante des coûts". Cette réponse est piquante parce qu'à ce jour, le sort de la ligne de montagne est totalement inconnu: le 8 octobre 2014, le Conseil fédéral a rendu rapport en réponse à une motion du conseiller aux Etats uranais Isidor Baumannn, qui expliquait qu'il faudra attendre: " De ce fait, la signification et l'utilisation de la ligne de montagne, ainsi que sa configuration concrète, sont à nouvellement définir ...". Je ne sais pas comment Monsieur Baumann a reçu cette non-réponse à sa motion.

A un second courrier adressé à Madame Leuthard le 16 avril 2012, c'est l'OFROU qui a donné réponse, par un court courrier d'une quinzaine de lignes ne faisant aucune mention de mon projet.

Écrit par : weibel | 11/01/2016

Je suppose que quelque sociologue a déjà fait des théories sur ce genre de phénomène. Les décisions se perdent d'un bureau à l'autre, d'un petit satrape à un autre. Je voulais présenter un projet au directeur du WWF Claude Martin. Impossible d'avoir le moindre contact, sa garde rapprochée faisant un barrage absolu. Il s'agissait pourtant de l'avenir d'un projet de Jacques Piccard, un des membres fondateurs du WWF.

Il y a aujourd'hui dans 24 heures un billet d'un jeune PLR tessinois opposé à la réalisation d'un second tunnel routier au nom de son organisation de jeunes PLR. Mais peut-être que votre solution pourrait leur plaire et qu'ils seraient en mesure de trouver des appuis ? Idem pour ceux pour lesquels le prix de 3 milliards met en danger les projets romands. Vous avez parlé de ça avec Géraldine Savary ?

Écrit par : Géo | 11/01/2016

Oui, je me suis adressé à plusieurs proches du comité référendaire, en Suisse romande et en Suisse alémanique, pour leur faire constater que, jusqu'au 28 février, nous poursuivions eux et moi le même objectif: amener les citoyens à refuser le projet du Conseil fédéral. J'ai notamment insisté sur le fait que mes arguments ne s'adressent pas forcément aux mêmes personnes que les leurs. Disons pour faire simple que je m'adresse à tous les citoyens qui souhaitent un Etat économe; solidaire, mais économe. Je pense que Madame Savary en est informée.

Écrit par : weibel | 11/01/2016

Contactez un djeune qui vous bricole une pétition sur Facebook, puisque c'est ainsi que cela marche aujourd'hui...

Écrit par : Géo | 11/01/2016

au 19éme siècle un des grands Rotshild disait à ses fils sur son lit de mort: pour ne pas vous ruiner, ne touchez ni au jeu, ni aux chevaux, ni aux ingénieurs. Il manque au projet fouillé de M. Weibel et des référendaires l'essentiel: une vision à long terme et l'élégance. Pour économiser des cacahuètes par rapport au total des investissements routiers en Suisse, sa solution va em.... des dizaines de millions de Suisses et autres pendant toute la vie des ouvrages. Qui n'a pas traversé les Apenins, imaginez le désastre si les référendaires et M. Weibel étaient chefs de projet. Au fait, ces messieurs ont peut-être des pantalons à un canon par souci d'économie, c'est faisable, non?

Écrit par : Hervé de Rham | 12/01/2016

Monsieur de Rham, vous m'avez à l'évidence mal lu.

Écrit par : weibel | 12/01/2016

"Il manque au projet fouillé de M. Weibel et des référendaires l'essentiel: une vision à long terme et l'élégance. Pour économiser des cacahuètes par rapport au total des investissements routiers en Suisse, sa solution va em.... des dizaines de millions de Suisses et autres pendant toute la vie des ouvrages."

Il manque juste un détail : pourquoi ?

"Qui n'a pas traversé les Apenins, imaginez le désastre si les référendaires et M. Weibel étaient chefs de projet."

Il vaut mieux écrire des commentaires à jeûn...

Écrit par : Géo | 12/01/2016

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